Dans le cadre du Prix Turgot des meilleurs livres francophones d’économie financière, LouisBachelier.org publie quelques-unes des chroniques rédigées par le Club de présélection.

Ce billet est consacré à La recherche et l’innovation en France de Jacques Lesourne et Denis Randet paru aux Odile Jacob (2015).

 L’ouvrage collectif, coordonné par Jacques  Lesourne (professeur au CNAM) et Denis Randet (délégué général de l’ANRT), dresse l’état actuel de la recherche et de l’innovation en France. Les auteurs constatent que, bien que constituant le principal levier de création d’emplois productifs de notre pays, les ressources consacrées à la recherche et l’innovation nationales ne mobilisent que 2,2 % du PIB, dont les deux tiers apportées par les entreprises. Les marges de manœuvre des pouvoirs publics se rétrécissent en raison du ralentissement de l’activité économique  et des contraintes imposées par le programme européen Horizon 2020 pour la R&D. Les auteurs soulignent notamment l’importance des enjeux attachés au rapprochement entre les laboratoires publics et les entreprises privées (notamment les PME). Ils révèlent la complexité du Système Français de Recherche et d’Innovation, marqué à la fois par l’accumulation des programmes (agenda France Europe 2020, « pacte national pour la croissance, la compétitivité, et l’emploi »,  programme de la commission Innovation 2030, « 34 plans de reconquête  industrielle », plan « une nouvelle donne pour l’innovation »…), par la pesanteur du « mille feuilles territorial », par l’apparition de nouveaux acteurs (Communautés d’Universités et d’Etablissements, Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologie, Instituts de Recherche Technologique, Instituts Carnot, Labex, Idex …), par la création de métiers d’avenir (business developers, chargés de valorisation, agents technico-commerciaux…), par la mise en place de dispositifs innovants (contrats science-société, contrats de partenariat  public-privé…). La réussite ou l’échec de ces programmes conditionne directement la soutenabilité de la croissance française et l’issue de la bataille pour l’emploi.