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La Livre sterling est sous-évaluée, affirme S&P

Si la dépréciation de 18,4% de la livre sterling, face à l’euro, entre le 1er janvier et le 1er novembre 2016, entraîne une hausse des prix des produits importés et donc de l’inflation, la monnaie britannique reste  tout de même sous-évaluée de 15%, indique une étude de S&P, publiée le 2 novembre.

Le vote du Brexit du 23 juin dernier a déclenché de nombreuses incertitudes économiques pour le Royaume-Uni et certains de ses voisins européens.

Certes, la croissance britannique résiste depuis le début de l’année, mais des interrogations demeurent, en particulier sur le plan monétaire.

Une inflation élevée

De fait, l’accélération de la chute de la livre sterling depuis le Brexit, par rapport à l’euro et au dollar, a provoqué une hausse de l’inflation Outre-Manche. Celle-ci a atteint 1% en septembre sur un an, au plus haut depuis près de deux ans.

Or, la lutte contre un taux d’inflation supérieur à 2% est un des objectifs de la Banque D’Angleterre (Bank of England), qui pourrait décider d’augmenter ses taux d’intérêt, si la dépréciation de la livre se poursuivait à un rythme élevé.

La Banque d’Angleterre face à un arbitrage

Toutefois, « les mesures économiques fondamentales suggèrent une forte sous-évaluation de la livre sterling, jusqu’à 15 % », souligne l’agence S&P.

Cette situation résulte  de « la part croissante du secteur financier dans l’économie britannique, particulièrement en 2000-2007, qui a porté le taux de change de la livre sterling très au-dessus de sa valeur d’équilibre », poursuivent les économistes de S&P.

Dans ce contexte, la Banque d’Angleterre serait peut-être face à un arbitrage délicat à réaliser dans un avenir relativement proche : devra-t-elle durcir sa politique monétaire pour faire baisser l’inflation ou soutenir l’économie avec la poursuite de ses mesures accommodantes actuelles ?

Selon les prévisions de S&P, la Banque centrale britannique se focalisera sur les perspectives économiques à moyen terme, afin d’établir la direction de sa politique monétaire.

Dans cette hypothèse, la monnaie de Sa Majesté « devrait se maintenir proche de son niveau actuel pendant un certain temps », estime S&P.

De quoi alimenter l’inflation et compliquer la tâche de Mark Carney, le premier argentier du pays, qui a été maintenu à son poste jusqu’en juin 2019.