Le risque : un volontarisme … inopérant

L’ambition européenne de neutralité carbone en 2050 risque de rester incantatoire sans une vision claire et partagée sur les objectifs intermédiaires, les instruments de politique et leurs modalités de mise en œuvre.

Les difficultés : des changements radicaux à enclencher en dépit de fortes incertitudes

Le défi est doublement considérable : la transition à mener implique, d’une façon ou d’une autre, des modifications radicales de nos modes de production, de consommation et de nos flux d’investissements ; de surcroît, elle oblige chaque acteur à opérer des choix déterminants dans un contexte marqué par des incertitudes institutionnelles, technologiques, économiques et sociales non moins radicales.

Que faire alors : encourager une mobilisation coordonnée des acteurs … mais en prend-t- on le chemin ?

L’objectif commun de transition bas carbone nécessite, dès lors, une mise en œuvre sachant mobiliser l’ensemble de la chaîne d’investissement en alliant, avec pragmatisme et flexibilité, approches réglementaires et actions volontaires coordonnées. Or, si elle atteste d’un certain dynamisme, la multiplication insuffisamment ordonnée des initiatives observée à ce jour – taxonomies,  labels de soutenabilité, reportings climatiques, comptabilités carbone, définitions de cibles « scientifiques » d’émissions, notations extra financières  –  pose question. Ce processus va-t-il favoriser l’émergence d’un système cohérent d’incitations ou risque-t-il, au contraire, de disperser les efforts et de décourager des acteurs livrés à un foisonnement de méthodes incertaines. Constatant l’étonnante divergence des notations ESG, une étude récente du MIT suggère de prendre au sérieux le risque d’un échec de coordination collectivement préjudiciable et d’y remédier par un développement plus résolu de la standardisation.

Quels blocages, besoins et solutions ?

Ce séminaire a pour objectif de réunir un panel d’intervenants aux positions variées pour comprendre comment les différents acteurs de la chaîne d’investissement s’approprient les briques méthodologiques– parfois très hétérogènes –, actuellement disponibles ou en passe de l’être, afin d’adapter leur stratégie au risque climatique. Il s’agira aussi de discuter les conditions d’une convergence des règles et des méthodes assurant leur cohérence globale et la flexibilité nécessaire à la prise en compte des évolutions technico-économiques.

La demi-journée s’organisera autour de deux panels :

Panel 1 – Stratégie d’alignement et neutralité carbone

L’application des accords de Paris et de l’engagement européen de neutralité carbone appelle une réponse déterminée, progressive et cohérente de l’ensemble des acteurs économiques et financiers. Il existe aujourd’hui des méthodologies très diverses proposant d’estimer dans quelle mesure les choix d’une entreprise non financière ou d’un fonds d’investissement sont conformes à ces grands objectifs climatiques – empreintes carbone, indicateurs technologiques, indicateurs de température, méthodes de notation holistique de type ACT. Bien qu’encore peu matures, elles sont déjà mobilisées, non seulement dans la communication extra-financière, mais aussi pour influencer les stratégies climatiques dans le cadre de « dialogues » entre parties prenantes. Comment favoriser l’évolution de ces « métriques d’alignement » vers des instruments de politique fiables, capables d’orienter les stratégies d’entreprises et les flux financiers de manière efficace et efficiente ?

Intervenants confirmés :

modérateur : Julie Raynaud (ILB)

Thierry Philipponnat (Finance Watch), Romain Poivet (Ademe), Frédéric Samama (CPR AM)

Panel 2 – Analyse des risques (physiques et de transition), scénarios et mesures d’impacts

L’objectif de réorientation massive des flux d’investissement en faveur de la transition écologique suppose une analyse robuste et éprouvée des risques et opportunités liés au changement climatique. La communauté financière a ainsi pris conscience de la nécessité de dépasser l’approche d’évaluation traditionnelle des actifs et s’efforce d’intégrer de nouveaux outils tels que les analyses de scénarios climatiques, mieux à même de prendre en compte les fortes incertitudes de long terme inhérentes au facteur climat. Comment celui-ci est-il aujourd’hui intégré dans l’analyse financière et les politiques d’investissement des entreprises et des gérants de portefeuilles ? Quelles adaptations restent encore à mener ?

Intervenants confirmés :

modérateur : Bernard Descreux (EDF)

Emilie Alberola (Eco Act), Carole Crozat (Blackrock), Mireille Martini (OECD), Sylvain Vanston (Axa)

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Lieu

Palais Brongniart 16 Place de la Bourse, Paris, 75002 France