Pour la saison 2018, Christian Walter en partenariat avec la Chaire Ethique & Finance du Collège d’Etudes Mondiales nous propose 7 cours publics de philosophie et finance dont voici la problématique générale : 

La pratique de la modélisation mathématique en finance et l’usage intensif des modèles a profondément modifié le paysage des professions financières dans le monde depuis trois décennies. La présence massive de modèles a contribué à la financiarisation de l’économie ainsi qu’à l’extension du champ financier dans la société, conduisant à faire entrer dans ce champ des objets qui y étaient restés jusqu’alors étrangers (la nature, la santé, le corps humain). Que cet effet ait été souhaité ou non par leurs concepteurs, les modèles mathématiques de la finance ont désormais un impact sociétal important. Simultanément, des innovations techniques sont apparues, permettant à la recherche scientifique dans le secteur financier de prendre la forme d’une technologie financière, qui semble évoluer dans le sens d’une autofinalisation croissante. D’où l’utilité d’un questionnement philosophique portant sur les transformations techniques de la finance. Il ne s’agira pas de rejouer une nouvelle fois le classique débat entre partisans et adversaires des mathématiques financières, mais de reprendre à nouveaux frais la question du rôle des modèles dans la financiarisation de la société.

Ces notions techniques sont aujourd’hui confinées dans des cercles de spécialistes et par là sont opaques au débat public. Face au risque grandissant des technicisations des décisions, dans l’idée d’une réappropriation par chacun des enjeux de la modélisation mathématique en finance afin que des non experts puissent participer à l’instauration d’une régulation éthique de la finance, il est nécessaire d’apprendre à connaître les bases techniques de la modélisation financière pour pouvoir ensuite en débattre. D’où la proposition d’un « cours » pour se former à ces enjeux, dans l’esprit des forums hybrides introduits par Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe (Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Seuil, 2001). Le parti-pris de ce cours est que la gouvernance éthique des technologies financières ne peut s’envisager sans l’accueil de la parole des non spécialistes. L’exercice de la raison appliquée à l’analyse de la technoscience financière s’adresse donc à tous (experts, citoyens, élus, associations, groupes de pression) et participe ainsi de plein droit à la Cité.

Ces cours permettront donc à un large public de se familiariser avec la finance et les enjeux sociétaux des modèles mathématiques et des nouvelles technologies financières.

Le premier volet abordera la fonction énonciatrice des modèles mathématique financiers. En quoi sont-ils porteur d’un message, d’une idée, d’un contexte ?  Comment nous parlent-ils et quelles sont les structures de pensées qu’ils véhiculent ? A l’image d’un partition musicale ou d’une pièce de théâtre nous pourrons ainsi dessiner leur façon d’agir sur nous. 

 Calendrier des cours : 

  • Cours n°1 Mardi 15 mai 2018 : Le Logos financier
  • Cours n°2 Mercredi 20 juin 2018 : Les modèles mathématiques de la finance comme des actes de parole
  • Cours n°3 Mercredi 12 septembre 2018 : Les conventions de quantification comme vecteurs de « performativité »
  • Cours n°4 Mercredi 17 octobre 2018 : La convention actuarielle, le DCF et la valeur dite « fondamentale »
  • Cours n°5 Mercredi 14 novembre 2018  : La convention moyenne-variance, les indices de marché et la gestion indicée
  • Cours n°6 Mercredi 12 décembre 2018 : La convention risque-neutre et l’efficacité d’un marché dans le sens informationnel
  • Cours n°7 Janvier 2019 TBD : Ethique de la finance avec performativité
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Lieu

Institut Louis Bachelier 28 Place de la Bourse, Paris, 75002 France