Pierre-Michel Menger, Sociologue, Professeur au Collège de France, et Eric Moulines, Professeur de mathématiques appliquées à l’Ecole polytechnique, Membre de l’Académie des Sciences, croiseront leur regard à l’occasion de la conférence annuelle de la chaire PARI (Programme de recherche sur l’Appréhension des Risques et des Incertitudes).

« Je ne discute jamais du nom pourvu qu’on m’avertisse du sens qu’on lui donne ». Le gentleman’s agreement proposé par le Pascal des Provinciales est mis à mal aujourd’hui lorsqu’on parle « d’intelligence », que l’on évoque d’autant plus qu’on la définit peu. Parler d’intelligence humaine et d’intelligence artificielle installe l’homme et la machine sur un continuum de commensurabilité, dont les affrontements aux jeux d’échec ou de go constitueraient une sorte de déclinaison paradigmatique. Mais ces verdicts, d’autant plus spectaculaires qu’ils donnent l’homme perdant, font bon marché d’une décomposition analytique permettant de mieux saisir ce qui fait l’intelligence humaine, et celle des machines. Volume d’informations, vitesse d’exécution, complexité calculatoire, puissance d’apprentissage, intuition, sens pratique, créativité face à l’incertain ne sont que quelques-unes des dimensions qui permettent de décomposer l’intelligence, pour en préciser la nature et en situer le lieu. Cette décomposition implique comme une évidence que les pratiques peuvent occuper, sur ces différentes dimensions, des positions non congruentes : la meilleure machine à calculer n’est pas nécessairement la plus créative. En rendant caduque les appréciations trivialement ordinales des rapports que peuvent entretenir intelligence humaine et artificielle (qui donc est la plus forte ?), la décomposition de l’intelligence en lignes hétérogènes doit permettre de mieux cerner leurs spécificités irréductibles et leurs complémentarités potentielles.

Organisateur

Lieu

Conservatoire National des Arts & Métiers (CNAM) 292 Rue Saint-Martin, Paris, 75003