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COP21 : Quelles étapes pour un marché du carbone ?

« Cette question, absolument centrale, du prix du carbone n’est aujourd’hui plus un tabou dans le monde des affaires et c’est là un basculement d’importance » a déclaré la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Ségolène Royal, lors de la journée de débats organisée le 4 juin, par la Chaire Economie du Climat (CEC) et Toulouse School of Economics (TSE). La problématique de la tarification du CO2 a été ainsi au cœur des échanges, réunissant le PDG d’Engie (ex GDF-Suez) Gérard Mestrallet, le PDG de Véolia Antoine Frérot, ainsi que les économistes Jean Tirole (TSE) et Christian de Perthuis (CEC).
Si l’instauration d’un marché mondial du carbone demeure le but ultime, les intervenants se sont accordés sur le fait que cet objectif ne pourrait être atteint que sur le long terme. « En attendant, nous pouvons réaliser des progrès partiels » a souligné Antoine Frérot qui plaide en faveur du principe du « pollueur payeur ». L’industriel a défendu la création d’une redevance payée par les émetteurs de carbone et, dont les revenus serviraient à subventionner les actions de dépollution. Une première étape qui pourrait être menée au niveau européen, même si la question de l’utilisation de ces fonds et de leur contrôle pourrait s’avérer délicate.

Créer un système de reporting

Jean Tirole et Christian de Perthuis ont insisté sur la nécessité d’un prix unique du carbone, défendant le système de droit d’émissions (cap and trade) plutôt que celui d’une taxe, plus difficile à instaurer selon les experts.
Quel que soit le mode de fonctionnement, convaincre les États de payer le prix fixé au CO2 reste un vrai challenge. Afin d’éviter l’impasse, et pour s’assurer que les promesses ne soient pas vaines, les chercheurs proposent de commencer par déterminer un cadre : « Il faut d’abord définir un cap, puis instaurer un système de mesure et de vérification avec une gouvernance », a indiqué Jean Tirole, pour qui cela devrait être l’objectif de la prochaine COP21. « Le système de reporting est souvent vu comme un point technique alors que c’est d’abord une question politique. La majorité des pays ne sont pas prêts à s’y soumettre » a noté Christian de Perthuis.