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Chaire de recherche « Marché des Risques et Création de Valeur » : comment lutter contre l’aléa moral ?

Chaire de recherche « Marché des Risques et Création de Valeur » : comment lutter contre l’aléa moral ?
 
 
 
 
 
Comment la théorie économique peut-elle aider la pratique managériale ? Insistant sur la thématique de l’aléa moral,  les travaux de la chaire « Marché des Risques et Création de Valeur », représentée par Stéphane Villeneuve (Toulouse School of Economics) font appel aux théories les plus récentes, mais pourraient donner lieu à de multiples applications concrètes. La définition, par exemple, d’un contrat entre un actionnaire d’entreprise et un manager.
 
Il y a aléa moral, on le sait, lorsqu’un agent économique maximise son intérêt individuel aux dépens de l’intérêt de la collectivité (Adam Smith donna cette première définition). Cette problématique, on la rencontre souvent dans le domaine de l’assurance, puisque le fait d’être assuré contre un risque incite à des comportements imprudents, la matérialisation éventuelle du risque et ses conséquences étant prises en charge par la collectivité. Les économistes abordent le plus souvent cette question en s’appuyant sur la théorie des incitations et des contrats, et cherchent, pour définir ces derniers, le meilleur équilibre entre opportunités et sanctions (la carotte et le bâton).
 
Les travaux de la chaire ont conduit à développer un modèle permettant d’apporter une réponse plus précise à la question de l’aléa moral. Le point de départ en est la problématique dite du « principal agent ». Autrement dit, quand un agent dit principal délègue à un autre le soin de mener à bien un projet, comment s’assurer que ce dernier assume pleinement cette tâche, comment éviter les comportements déviants ? La solution, on la trouve dans l’application d’un système de bonus-malus. Il peut jouer en réduisant la taille de l’activité de l’agent, sachant que la rémunération de celui-ci est, avant tout, proportionnelle à cette taille. Par exemple, s’agissant d’une entreprise pétrolière qui aurait provoqué une pollution en mer, il est possible de lui interdire, tout simplement, les forages « off-shore ». La pénalité prend la forme d’une réduction de la taille de l’entreprise, donc de la rémunération de celle-ci.
Dans le cas d’un manager, un système est imaginable, fondé à la fois sur la taille de l’activité, bien sûr, mais aussi sur les performances passées. Ce système pourrait fonctionner selon le principe du bonus-malus, au moyen d’une réserve d’actifs liquides, qui serait diminuée ou augmentée selon les cas. Sachant que l’attribution du bonus serait toujours différée.
 
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