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Séminaire FBF : trading et investissement dans les marchés opaques

Du big au pertinent: transformer la data en information

La Fédération Bancaire Française (FBF) a organisé une matinée consacrée aux stratégies d’investissement dans les marchés opaques et les actifs illiquides.

 Au cours de ce séminaire – qui s’est déroulé le 22 septembre dans les locaux de la FBF à Paris, en partenariat avec l’ILB –  trois chercheurs ont présenté leurs derniers travaux devant une assistance composée de professionnels et d’étudiants.

Allocation et prix des actifs opaques et illiquides

Si les actifs liquides sont traditionnellement plus recherchés par les investisseurs, les actifs illiquides (private equity, l’immobilier ou encore les infrastructures…) peuvent représenter des sources de rendements intéressantes.

Toutefois, les actifs illiquides souffrent d’un manque d’information, de coûts de transaction élevés et d’un faible historique par rapport aux actifs liquides.

C’est dans ce contexte que Raman Uppal – professeur de finance à l’Edhec Business School de Londres – a développé un modèle mathématique d’allocation et de prix des actifs alternatifs.

La modélisation du chercheur ont abouti à plusieurs résultats : les investisseurs peu expérimentés ne détiennent pas beaucoup d’actifs alternatifs dans leurs portefeuilles et privilégient logiquement les obligations ; les investisseurs augmentent leurs positions dans les actifs illiquides en engrangeant de l’expérience; les coûts de transactions élevés des actifs illiquides réduisent les échanges et induisent plus d’inertie dans les portefeuilles, et les prix des actifs alternatifs diminuent en raison des coûts de transaction élevés.

Même si ces conclusions peuvent paraître intuitives pour les professionnels, elles ont le mérite d’être démontrées mathématiquement dans ce modèle.

Le trading sur les Dark pools

Les Dark pools sont des plateformes d’échange  qui ne nécessitent pas de transparence pré-négociation, ce qui les opposent aux marchés réglementés.

Cette particularité permet ainsi aux investisseurs d’acheter ou de vendre des actifs sans qu’ils aient besoin d’avertir les marchés et donc les autres investisseurs.

Souvent considérés comme opaque, les Dark pools ont fait l’objet de travaux de recherche de la part de Sabrina Buti, professeure de finance à l’Université Paris-Dauphine.

En se basant sur l’observation et l’analyse de plusieurs marchés anglo-saxons, il semblerait que les Dark pools soient principalement utilisés par des traders peu informés. Par ailleurs, ces plateformes n’auraient pas d’effet négatif sur l’efficience des prix.

Toutefois, pour lever le conditionnel sur ses conclusions, la chercheuse doit poursuivre ses travaux avec de meilleures données, sachant qu’elles restent très peu accessibles.

Le marché des obligations d’entreprises

Avec l’assouplissement quantitatif pratiqué par la Banque Centrale Européenne et l’environnement des taux bas, voire négatifs, de nombreux investisseurs se plaignent du manque de liquidité sur les marchés obligataires, notamment d’entreprises.

Bruno Bais et Fany Declerck, professeurs de finance à la Toulouse School of Economics ont justement étudié les marchés obligataires américains et européens qui diffèrent grandement des marchés actions.

De fait, les obligations sont moins liquides et moins transparentes que les actions. Cela s’explique notamment par les différences des microstructures de marché de ces deux classes d’actifs.

Or, les chercheurs démontrent dans leurs travaux que la microstructure du marché obligataire évolue en fonction des investisseurs, de leurs besoins et de la régulation. Par exemple, l’entrée de nouveaux participants peuvent induire des changements dans la liquidité. Sans oublier les effets de la crise financière 2007/2009 sur ce segment de marché.

D’autres recherches empiriques devront être menées pour éclairer les régulateurs et les investisseurs sur la souche des obligations d’entreprises.

En clair, la finance a plus que jamais besoin de la recherche !